Laissez vos enfants s’ennuyer!

En tant que parent, vous avez certainement déjà entendu les phrases suivantes: « Maman/Papa, je m’ennuie ! « Qu’est-ce que je peux faire ? Je ne sais pas quoi faire ! »

Dans certaines circonstances, les enfants étant avec des adultes, ceux-ci risquent parfois de s’ennuyer et essayent à tout prix de capter l’attention des plus grands en répétant tout le temps la même question. C’est énervant, je vous l’accorde, mais tout à fait normal 😉

Tous les enfants connaissent l’ennui, un jour ou l’autre.

Le problème est parfois dans la façon dont les adultes perçoivent cet ennui et y réagissent, ainsi que dans l’incapacité de certains enfants à le gérer.

Notre société valorise une utilisation efficace du temps. L’ennui est mal vu : ne pas savoir quoi faire, c’est perdre son temps. Quand un enfant dit s’ennuyer, on tente donc à tout prix de l’occuper en lui trouvant mille et une activités intéressantes à faire.

De plus, beaucoup d’enfants, même très jeunes, ont un agenda chargé de cours et d’activités extra-scolaires. Il leur reste alors peu de temps libre pour apprendre à faire des choix.

Cependant, saviez-vous que l’ennui est un sentiment qui peut être très bénéfique ?

Moi-même n’ayant qu’un seul enfant, j’ai souvent entendu des réflexions du genre: « Tu devrais penser à une petite soeur pour ton fils, comme ça il ne sera plus seul pour jouer » … ou bien.. « Il faut lui acheter plus de jouets, il va s’ennuyer le pauvre ! »

C’est faux ! Car apprendre à jouer seul est important.

En jouant sans partenaire, votre enfant apprend à décider par lui-même. Le jeu libre permet à votre enfant de choisir ce qui l’intéresse et de développer ainsi son autonomie, une qualité également fort recherchée, tant à l’école qu’au travail. L’autonomie permet à l’enfant de fonctionner sans avoir constamment besoin du soutien des autres. Il fait appel à ses ressources personnelles. Il est à l’écoute de son monde intérieur, de ses envies et de ses goûts. Ne rien avoir à faire lui permet de développer son monde imaginaire et sa créativité.

Enfin, l’ennui permet de voir la réalité différemment. Un enfant qui s’ennuie remarque des détails qui lui échapperaient s’il était constamment occupé. Ainsi il apprend dès son jeune âge, l’importance de vivre l’instant présent. C’est parce qu’il s’ennuie qu’il observe le trajet de la goutte d’eau qui descend le long d’un carreau de la fenêtre ou qu’il remarque cette fourmi qui avance tout doucement sur la galerie. Il pourra alors inventer toute une histoire autour de cette goutte d’eau ou de cette fourmi si on lui laisse l’occasion de vivre ces moments seuls.

Donc laissez votre enfant s’ennuyer de temps en temps et encouragez-le  à prendre des initiatives.

Voici quelques conseils pratiques pour gérer l’ennui :

  • Commencez une activité avec lui, aidez-le au début, puis éloignez-vous. En demeurant dans la même pièce, vous pourrez, de loin, faire des commentaires sur sa façon de s’en sortir : « Il est vraiment beau ton dessin! » ou « Tu choisis de belles pièces pour construire ton château.»
  • Laissez-le poursuivre l’activité seul. Votre enfant apprendra ainsi à jouer et à créer par lui-même. Il aura davantage confiance en lui et deviendra autonome.
  • Proposez-lui de faire un dessin ou un bricolage pour un membre de la famille ou un ami; cela ajoutera une motivation supplémentaire.
  • Aménagez des plages libres dans l’horaire de votre enfant. Ces moments seront peut-être ennuyeux au début, mais deviendront, avec le temps, des moments de jeux spontanés enrichissants.
  • Quand votre enfant s’ennuie, ne vous précipitez pas pour l’occuper rapidement et ne le mettez surtout pas devant des écrans ou des jeux électroniques. Encouragez-le plutôt à prendre des initiatives : « Je suis sûr que tu vas trouver quelque chose d’intéressant à faire. »

 

Celui qui connait l’art de vivre avec soi-même, ignore l’ennui!

 

 

 

 

Le « bore-out », quand l’inactivité rend malade.

Tout le monde a déjà entendu parler du « burn-out ».

Aboutujourd’hui, il existe pire encore, c’est le  » bore-out « , il est moins connu, mais bien présent. Il s’agit d’un syndrome associant les souffrances dépressives, la dépréciation de soi et la culpabilité de ceux qui se sentent inutiles au travail, tout simplement parce qu’ils n’ont rien à faire ou effectuent des tâches dépourvues de sens à longueur de journée.

En gros, c’est la maladie de  » l’ennui au travail « … si si, je ne plaisante pas, ça existe!

Cet ennui profond engendre des problèmes de santé, car la personne ressent de la démotivation et du mépris envers elle-même.

Les concernés, souvent n’en parle pas, car nous vivons aujourd’hui dans une société qui se dit « rêver d’être payé pour ne rien faire« . Or, ne pas réagir face au « bore-out », c’est laisser place à la culpabilité et surtout à la honte!

N’étant pas assez occupées, les personnes vivent une forte tension psychologique car elles font tout pour faire semblant d’avoir suffisamment de travail et c’est le bore-out !

Les symptômes ?

Baisse de moral, dépression et ennui, parfois même des crises d’épilepsie, vertiges, tremblements et perte de mémoire.

Le bore-out pousse à:

  • réduire le temps de présence
  • voler le travail des autres,
  • ralentir le rythme,
  • occuper son temps à discuter ou chatter sur Internet,
  • inventer des tâches nouvelles,
  • ou encore démissionner

Le langage change également et on a tendance à répéter sans cesse les mêmes phrases, du style «je m’ennuie au travail»,«je glande au travail», «je m’ennuie à mort». Ou encore «quand on n’a rien foutu de sa journée, on est plus fatigué que si on avait vraiment travaillé…»,«je traîne, je traîne, car je me dis qu’une fois que j’aurai terminé cette tâche, je n’aurai plus rien à faire, je ne sais pas quoi faire ensuite…».

Le cerveau du salarié qui occupe le poste doit absorber cette inactivité, ce vide, ce qui provoque une grande souffrance qui ne s’améliore pas avec le temps, au contraire, c’est un réel problème à traiter en urgence.

Comment soigner?

Il n’y a pas de syndrome plus déstructurant de la personnalité sociale que le bore-out. De ce fait, il est important de ne pas laisser trainer les choses et réagir rapidement afin de s’épanouir à nouveau au travail:

  • En parler au responsable du personnel de l’entreprise, afin de voir s’il est possible d’obtenir de nouvelles tâches, car il est important d’augmenter le volume de travail. Si vous avez du mal à en parler, vous pouvez écrire une lettre recommandée à l’employeur en expliquant votre mal-être et en lui demandant une réorganisation de votre travail.
    Contrairement au burn-out où il y a l'effet contraire, celui de justement réduire le volume de travail pour soigner la maladie.
  • Si l’entreprise ne peut vous garantir plus de travail, dans ce cas-là il faut démarrer une recherche d’emploi afin de pouvoir démissionner au plus vite. La santé avant tout ! Il ne faut surtout pas prendre cela à la légère, car le risque de maladies cardio-vasculaires est multiplié par trois chez ceux qui y sont exposés.

Pour plus d’information ou d’aide, n’hésitez pas à me contacter.

Ne laisse jamais une mauvaise période te faire croire que tu as une mauvaise vie et que tu ne vaux rien !                               – Silvia